Le crédit d’impôt pour les services à la personne vit peut-être ses dernières années sous sa forme actuelle. Depuis plus de 15 ans, il permet aux ménages français de bénéficier d’un remboursement de 50 % sur les dépenses liées à certaines prestations à domicile. Mais à partir de 2026, tout pourrait changer.
Pourquoi ce crédit d’impôt est-il remis en cause ?
Chaque année, ce dispositif coûte plusieurs milliards d’euros à l’État. Et selon la Cour des comptes, il profiterait surtout aux catégories les plus aisées. C’est pourquoi le gouvernement envisage de limiter, voire de supprimer, l’aide pour certaines prestations dites “de confort”.
Objectif annoncé : réserver le crédit d’impôt aux services jugés essentiels comme :
- La garde d’enfants de moins de 3 ans
- L’accompagnement des personnes âgées ou handicapées
- Les aides temporaires à domicile pour les personnes en difficulté
Les activités comme le ménage, le repassage ou le jardinage pourraient quant à elles perdre leur éligibilité. Une décision guidée par la nécessité de faire des économies dans un contexte budgétaire tendu.
Voici les 26 services concernés en 2025
Avant cette réforme annoncée, 26 catégories bénéficient encore du crédit d’impôt de 50 %. Voici la liste complète des services éligibles en 2025 :
- Entretien de la maison et travaux ménagers
- Petits travaux de jardinage
- Travaux de petit bricolage
- Garde d’enfants de plus de 3 ans à domicile
- Soutien scolaire à domicile
- Soins esthétiques à domicile pour personnes dépendantes
- Préparation de repas à domicile
- Livraison de repas à domicile
- Livraison de courses à domicile
- Collecte et livraison de linge repassé à domicile
- Assistance informatique à domicile
- Soins et promenades d’animaux pour personnes dépendantes
- Maintenance et vigilance temporaire du domicile
- Assistance administrative à domicile
- Accompagnement des enfants de plus de 3 ans
- Télé-assistance et visio-assistance
- Interprétariat en langue des signes
- Assistance temporaire à domicile
- Conduite du véhicule pour personnes en invalidité temporaire
- Accompagnement des personnes avec une invalidité temporaire
- Coordination et organisation des services à la personne
- Garde d’enfants de moins de 3 ans à domicile
- Accompagnement des enfants de moins de 3 ans handicapés
- Assistance aux personnes âgées et handicapées
- Conduite du véhicule pour personnes à mobilité réduite
- Accompagnement hors du domicile pour personnes âgées ou handicapées
Les prestations “de confort” comme le ménage ou le jardinage risquent d’être exclues dès 2026, faisant grimper leur prix pour les particuliers.
Quel impact si le crédit d’impôt disparaît sur certaines prestations ?
Pour de nombreuses familles, la suppression partielle du crédit d’impôt aurait des conséquences lourdes. Sans cet avantage, le recours à des services comme le repassage, le bricolage ou les cours à domicile deviendrait bien plus cher.
Les classes moyennes en seraient les premières victimes. Pour ces foyers, ces prestations ne sont pas du luxe, mais plutôt un soutien au quotidien pour équilibrer vie perso et vie pro.
Un risque de retour au travail au noir
Le secteur des services à la personne est aussi inquiet. Sans défiscalisation, la tentation de recourir au travail non déclaré pourrait exploser. Selon la Fédération des services à la personne (Fédésap), jusqu’à 60 % des prestations “de confort” pourraient basculer dans le travail au noir.
Ce serait une triple perte :
- Pour les salariés : moins de droits et plus de précarité
- Pour l’État : baisse des cotisations et des impôts collectés
- Pour les familles : plus de risques juridiques et administratifs
Un secteur déjà fragile
Les aides à domicile, souvent employées à temps partiel, pourraient voir leurs heures de travail diminuer. Beaucoup perdraient une partie de leurs revenus, alors qu’elles jouent un rôle social essentiel auprès des familles et des personnes fragiles.
À quoi faut-il s’attendre pour 2026 ?
La réforme n’est pas encore actée, mais les signaux sont clairs. Le gouvernement veut recentrer les aides fiscales sur les missions les plus critiques. Les modalités précises (plafonds, exclusions, zones géographiques) pourraient être discutées dans le cadre du projet de loi de finances 2025.
En attendant, 2025 reste une année “normale” : vous pourrez encore bénéficier du crédit d’impôt de 50 % pour toutes les activités reconnues. Mais mieux vaut s’y préparer dès maintenant, car les règles pourraient changer rapidement.
Renseignez-vous auprès de votre prestataire ou consultez le site des impôts pour suivre l’évolution du dispositif. Mieux vaut anticiper que subir une hausse brutale des coûts dès l’année suivante.




